Traditions festives chez les Houéda
Certes les fêtes traditionnelles des Houéda (Xweda) comme celles de tous les peuples négro-africains qui ont conservé leurs valeurs culturelles ancestrales, sont empreintes de religiosité. D'abord celles relatives à la vie de ses membres : la naissance, le mariage et le décès à un âge avancé sont autant d'occasions pour rendre hommage aux divinités protectrices de la collectivité, aux ancêtres mais aussi de retrouveailles pour communier par les chants, les danses, la musique et par le partage de repas.
Cependant les plus grandes festivités ont lieu à l'occasion des cérémonies annuelles (Xwetanu) ou périodiques en l'honneur des principales divinités de la ville de Ouidah qui sont justement d'origine houéda ou houla et les principaux officiants proviennent de ces groupes socio-culturels. Nous devons à Casimir AGBO (1959) "Histoire de Ouidah du xvième au xxème siècle" une description vivante de ces cérémonies faites de processions selon les itinéraires précis et suivant une périodicité donnée. Après les libations et autres rites aux vodoun, les adeptes et les officiants organisent des chants, des danses et bien sûr la consommation de boissons alcoolisées en général et de plats préparés. Il ya le Gozin (Gozen) dédiés aux vodouns Dangbe (sorte de totem des Houéda), Hou (Xu) divinité de la mer dont Daagbo Hounon et Nagbo sont les principaux officiants, Kpassè (le souverain divinisé) et Zo. Avant ces cérémonies, la tradition voudrait, selon C. Agbo (Idem), que la mémoire de Kpatè soit célébrée au préalable. En effet, il est dit que c'est grâce à Kpatè que les premiers Européens sont arrivés dans le pays houéda, eux qui importent l'eau-de-vie qui égaille les fêtes (AGBO, 1959 : 132-143 et ORSTOM/SERHAU, 1991 : 73-79) et d'autres bien appréciés par la population et ses dirigeants.
La culture matérielle des Houéda, ses permanences et son évolution
A l'étape actuelle des recherches, il est très difficile d'être précis dans ce domaine. Cependant il y a des questions que l'on pouvait se poser. En effet au cours des fêtes, interviennent des objets, des accoutrements ou des habits ayant des caractéritiques données, sont joués des instruments, sont consommés des boissons dont toutes ne sont pas de fabrication locale. De même pour les fêtes à périodicité donnée comme le Houta Yiyi (Xutayiyi) cérémonie qui avait lieu tous les vingt ou trente ans, il serait intéressant de savoir comment le décompte se faisaii entre deux fêtes du genre et par qui. [...]
Les chants, les pas de danse, les cadences et rythmes, les costumes des officiants tout comme le matériau dans lequelils sont taillés, les cannes de pouvoir, les sièges, les récipients, tout intéresse le chercheur qu'il soit historien de l'art, musicologue, anthropologue... A ce niveau il faut bien constater que l'essentiel reste à faire.
Alexis B. A. Andandé
Professeur-Assistant
d'Archéologie
Département d'histoire et d'Archéologie
Université d'Abomey Calavi